Histoire : Abidjan, une ville née du hasard

Saviez-vous d'où vient le nom de la capitale économique de la Côte d'Ivoire, Abidjan ?

0 1 320

Saviez-vous d’où vient le nom de la capitale économique de la Côte d’Ivoire, Abidjan ?

 

Selon la tradition orale Ebrié rapportée dans le Dictionnaire encyclopédique de la Côte d’Ivoire, le nom d’Abidjan, Abijean à l’époque, serait né d’un quiproquo. La légende raconte qu’un vieil homme revenant de son champ, les bras chargés de branchages probablement destinés à la réfection du toit de sa case, rencontra sur son chemin un explorateur européen en perdition qui lui demanda le nom du village le plus proche. Le vieil homme ne parlant pas la langue de l’homme blanc crut comprendre que celui-ci demandait ce qu’il faisait en ces lieux. Terrorisé par cette rencontre inattendue, il s’enfuit en criant : « min tchan m’bidjan », ce qui signifie en langue Ebrié : « je reviens de couper des feuilles ». L’homme blanc crut avoir eu la réponse à sa question et consigna consciencieusement sur son bloc-notes Abidjan.

Abidjan est à l’origine un petit village de pêcheurs où vit le peuple Atchan.

En 1896, à la suite d’une série d’épidémies de fièvre jaune meurtrières, les colons français qui étaient installés à Bassam décidèrent de partir vers un endroit plus salubre à Abidjan Santé (un village à l’écart d’Adjamé). Leur déménagement fut suivi par celui du gouvernement colonial qui créa en 1899, à cet endroit, le comptoir de Bingerville, capitale de la colonie française de 1900 à 1934.

La future Abidjan, toute proche, également située sur le bord de la lagune n’Doupé (« la lagune à l’eau chaude », future « lagune ébrié »), offrait plus d’espace et de plus grandes possibilités d’expansion commerciale. Le wharf de Petit Bassam (l’actuel Port-Bouët), au sud de l’agglomération, fit rapidement concurrence au wharf de Grand-Bassam, jusqu’alors le principal accès économique de la colonie.

À partir de 1904, alors que Bingerville n’est pas encore achevée, Abidjan devient le principal pôle économique de la colonie de Côte d’Ivoire et un relais privilégié pour la diffusion des produits européens vers l’arrière-pays, notamment grâce à une communauté libanaise de plus en plus importante.

Henri Terrasson de Fougères devient gouverneur du Soudan français en 1924. Il le reste jusqu’à sa mort, en 1931. Une des principales avenues d’Abidjan porte toujours son nom.

En 1931, Le Plateau et ce qui deviendra Treichville sont reliés approximativement à la place du pont Félix-Houphouët-Boigny par un pont flottant. Cette année-là, un premier adressage des rues d’Abidjan est mis en place. Il sera (provisoirement) définitif en 1964, sous l’impulsion du maire Konan Kanga, puis (mal) complété à l’américaine en 1993.

Abidjan devient la troisième capitale de la Côte d’Ivoire, après Grand-Bassam et Bingerville, par un décret du 10 août 1933. Plusieurs villages atchan sont alors désertés. Il en reste notamment Adjamé, (« la rencontre » ou « le centre » en Atchan), situé au nord du Plateau et où se trouve encore le chef de la communauté Atchan.

Au sud du quartier du Plateau, actuel quartier central de l’agglomération abidjanaise, le village de Dugbeyo est déplacé de l’autre côté de la lagune, à Anoumabo, « la forêt des roussettes », qui deviendra le quartier de Treichville (devenue Commikro, la « ville des commis »). Ce quartier est ainsi rebaptisé en 1934 en l’honneur de Marcel Treich-Laplène (1860-1890), le premier explorateur de la Côte d’Ivoire et son premier administrateur colonial, considéré comme son fondateur. À la place de Dugbeyo, se trouve l’actuelle avenue Treich Laplène, la gare des autobus et des bateaux-bus lagunaires du Plateau, et l’avenue Charles de Gaulle (communément appelée rue du Commerce).

La ville est aménagée selon le schéma habituel aux villes coloniales sur la base d’un plan d’urbanisme plutôt utopiste. Le Plateau (« m’brato » en langue Atchan) est habité par les colons. Au nord, on retrouve la ville habitée par les colonisés. Les deux zones sont séparées par la caserne militaire Gallieni, à la place de l’actuel palais de justice.

Près du port et le long d’un terrain de pétanque, naît le boulevard de Marseille. La légende raconte que, derrière les premières huileries de Blohorn, à Cocody, des colons facétieux qui avaient « emprunté » une plaque d’une célèbre rue marseillaise, ont rebaptisé rue de la Canebière une piste de sable. Un hippodrome est construit dans le sud de la ville qui ne cesse de s’agrandir.

Au Plateau, dans les années 1940, l’hôtel Bardon s’agrandit et devient l’hôtel du parc, le premier hôtel climatisé d’Afrique francophone où travailleront le premier barman et le premier maître d’hôtel africains.

Dans les années 1940 et 50, à l’instar du Caire, de Tanger ou d’Istanbul, Abidjan participe à l’imaginaire populaire des nids d’espions et des gentlemen-voyous en eaux troubles.

En 1951, les autorités coloniales décident de faire construire le canal de Vidri pour que les navires à fort tirant d’eau puissent venir accoster aux quais de Treichville et y aménagent un des rares ports africains en eaux profondes. L’eau chaude de la lagune n’doupé subira une chute de température. Abidjan que l’on appelle alors la Perle des lagunes entre dans une période faste qui durera jusque dans les années 1980.

Source : Wikipédia

 

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

laissez un commentaire